Mary Spire, M.M
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MS : Est-ce que vous enseignez des schémas de mouvements précis aux musiciens qui viennent vous voir ? Par exemple, est-ce que vous leur expliquez comment sasseoir, marcher, se tenir debout, jouer, etc. ? AB : Non, ce travail na pas de parti pris sur la façon dexécuter une action quelconque. Nous tentons de créer les conditions qui, à notre avis, stimuleront ce qui se passe dans le système nerveux pendant lapprentissage spontané et efficace du mouvement. La Méthode Feldenkrais considère le mouvement à la fois du point de vue du développement et sous langle mécano-structurel, qui explore les possibilités offertes à la structure humaine. Certaines configurations de mouvements et organisations posturales sont valables pour chacun de nous et aideront tout exécutant. Mais il y a des mouvements spécifiques qui doivent être appris par telle personne en fonction de linstrument quelle pratique avec ses propres particularités. La Méthode lui permet dexpérimenter les configurations sensorimotrices générales ou spécifiques sur la base desquelles le musicien construira son savoir-faire. Quand le mouvement est fluide, il se fait sans effort, automatiquement, et comporte des variations possibles. Le musicien est alors plus libre de se concentrer sur lexpression artistique. Je pense que lintroduction de ce processus est essentielle, non seulement dans la formation des musiciens, mais aussi pour aider un musicien accompli à continuer dévoluer en surmontant les obstacles et difficultés qui peuvent se présenter.
MS : Pour quelles raisons les musiciens viennent-ils chez vous ? AB : À mon cabinet, la plupart me consultent à cause de problèmes qui commencent à diminuer la qualité et la cohérence de leur exécution musicale, telles que par exemple la douleur, une tension ou une capacité de bouger réduite ou perturbée. Certains musiciens viennent également me voir parce quils connaissent ce travail et quils trouvent que leur jeu en bénéficie.
MS : Vous vous souvenez peut-être de la première fois que je suis venue vous consulter. Cétait parce que je souffrais dune douleur dans lépaule et la main gauche, diagnostiquée comme étant une tendinite. À la suite des séances chez vous,la douleur a disparu. Mais ce qui ma étonnée et ravie, cétait de découvrir que je pouvais jouer à nouveau non seulement sans douleur ni tension, mais avec plus de maîtrise, de raffinement et de satisfaction. AB : Oui, et dautres musiciens rapportent des expériences semblables. Quand le mouvement devient mieux organisé, la douleur et linconfort tendent à disparaître, mais très souvent aussi, la qualité du jeu devient meilleure.
MS : Quelle est votre tactique quand un musicien vient vous voir ? AB : Jobserve sa façon de bouger et je recherche le schéma de mouvement qui serait susceptible, directement ou indirectement, de créer le problème. Très souvent, celui-ci ne se situe pas là où le désordre est perçu. Dans de nombreux cas, la désorganisation est plus généralisée que la gêne à un endroit précis.
MS: Pouvez-vous donner un exemple ? AB : Si quelquun arrive chez moi avec une douleur au poignet, on risque fort de découvrir une désorganisation considérable dans sa façon de bouger lépaule, le bas du dos et le bassin. Après la séance, quand cette configuration a été améliorée, la douleur au poignet disparaît souvent sans que jaie à travailler directement dessus. Autrement dit, le problème ne se situe pas nécessairement là où on le perçoit. Il réside dans laspect moins saisissable de lorganisation dynamique du mouvement dans le corps tout entier. Chaque personne établit sa propre répartition spécifique des forces dans le corps selon des proportions différentes. Cette répartition des forces peut-être transformée de toutes sortes de façons, qui peuvent soit créer soit éliminer les problèmes. Certains problèmes sont plus fréquents que dautres, et souvent il semblerait que pour enlever une difficulté, il soit nécessaire de réorganiser le chemin du mouvement. |
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