Enrichir et développer
l’image de soi

D’après un article de Marie-José Houareau
sur le travail de Moshé Feldenkrais

 


La faculté d’apprendre remplace l’instinct animal


Quel que soit le lieu où le hasard fait naître un individu, ce dernier organise obligatoirement son cerveau en fonction des exigences de l'environnement. C'est son cerveau très particulier qui va permettre à l'homme de répondre aux exigences de l'environnement - que celles-ci soient le chaud ou le froid, ou l'apprentissage des mathématiques.

Mais comment s'opèrent ces apprentissages ?
On n'en sait rien, répond Feldenkrais. Toutes les fonctions essentielles de la vie s'apprennent, sans que personne ne sache comment. Comme l'enfant apprend-il à marcher? Comment apprend-il les dix premiers mots de sa vie? On s'aperçoit simplement un jour qu'il le sait. Il n'y a pas de programme fixé à l'avance. Le programme, c'est l'enfant”. Nous ne savons pas comment les actes s'accomplissent. Ce qui est certain, c'est que notre système nerveux, au départ un tableau vierge et malléable, est capable de se faire à toutes les cultures du monde et à toutes les langues du monde. Nous avons un cerveau qui pourrait s'adapter à mille mondes différents. En général, vers treize ou quatorze ans, l'individu cesse de développer ses facultés d'adaptation. Résultat : l'homme demeure au-dessous de lui-même. C'est pour cette raison que nous sommes loin d'avoir atteint les limites des capacités de l'homo sapiens.

Puisque l'homme possède une conscience développée avec un pouvoir d'abstraction qui lui est particulier et grâce auquel il peut discerner ce qui se passe en lui, il faut donc l'aider à mieux l'utiliser. Le cerveau n'a pas d'ins-tinct. Il lui faut tout apprendre, et puisqu'il apprend, rien ne l'empêche de le faire de mille façons différentes.

Chacun a une façon qui lui est propre de se mouvoir parce qu'il n'y a pas de loi ni de modèle. Il n'y a donc pas de ce fait, une bonne posture ni une bonne démarche en soi. Il est aberrant d'enseigner la bonne façon de s'asseoir ou de respirer. Le travail proposé ne consiste donc pas à montrer, par exemple, de quelle façon il faut marcher, courir, tenir le buste, mais à mettre l'individu dans une situation qui lui permette de découvrir, par ses propres moyens, sans d'autres références, que ce qu'il ressent dans son corps est la meilleure façon, pour lui, d'accomplir ces actes. Il faut apprendre à savoir comment on fait les choses. Car lorsqu'on sait comment on les fait, on peut faire ce que l'on veut.

 
     
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Il faut apprendre à savoir comment on fait les choses. Car lorsqu'on sait comment on les fait, on peut faire ce que l'on veut

M. Feldenkrais