Daprès un article de Marie-José
Houareau
sur le travail de Moshé Feldenkrais
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Chacun doit être à lui-même son propre modèle
L'homme apprend surtout grâce à son expérience individuelle; les animaux, grâce à l'expérience de leur espèce. Lorsque nous faisons notre entrée dans le monde, nous ne savons parier aucun langage articulé, ni marcher, ni lire, ni chanter, ni compter, etc. En revanche, nous possédons une structure dotée de dispositions nous permettant d'accomplir tous ces actes. Bien ou mal. Pour certaines fonctions, nous sommes dès la naissance aussi bien dotés que les animaux. Les fonctions digestives et respiratoires, les mécanismes d'élimination, de régulation de la température et d'équilibre, de commande des battements cardiaques, tout ce qu'il faut pour que les processus chimiques se déroulent normalement est au point dès le début de la vie. Pas les fonctions de communication. Les abeilles, par exemple, construisent toutes leurs ruches sur le même modèle. Chez l'homme, rien de comparable : sa façon de parler, de se tenir debout, de marcher, etc., n'est pas congénitalement déterminée. Un enfant qui grandit au Japon parlera japonais. De même, la démarche varie d'une culture à l'autre. Ainsi à la différence de tous les autres animaux qui naissent avec un système nerveux prêt à fonctionner immédiatement et qui ne peuvent apprendre que de façon unique et prédéterminée, l'être humain a la faculté d'apprendre à agir de multiples façons. Les animaux ont un système nerveux qui, à la naissance et à la mort, pèse à peu près le même poids. En revanche, le bébé humain naît avec un cerveau qui pèse 350 grammes, mais quand l'adulte meurt, il pèse de 1500 à 1700 grammes. Cette différence, c'est, d'une certaine façon, le poids de l'apprentissage. |
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A la différence de tous les autres animaux qui naissent avec un système nerveux prêt à fonctionner immédiatement, l'être humain a la faculté d'apprendre à agir de multiples façons M. Feldenkrais |