François Combeau
Vivre libre,
c'est respirer librement !

 

Notre respiration prend une forme qui est liée
à notre état - histoire - mémoire, c'est le souffle formel ;
en amont, il y a le "respir" informel


La respiration, en tant qu’actualisation en nous du «respir universel» est bien un échange entre les mondes du dehors et du dedans. Que rien donc ne vienne entraver cette dynamique.

Lorsqu’elle est libre, elle s’adapte à la réalité de ces deux mondes ainsi qu’à nos besoins, nos intentions, nos activités, notre état émotif et relationnel. Elle suit fidèlement notre vie physique et les nuances de notre vie affective.

L’évolution de la dynamique respiratoire d’un individu ne peut donc passer par l’apprentissage d’un conditionnement, l’emprisonnement dans une forme, mais passera plutôt par :

•  retrouver la liberté du support physique, lieu
   d’actualisation que sont notre corps et ses mouvements ;

•  revenir à la disponibilité du système nerveux pour
   qu’il puisse recevoir les informations venant des
   milieux extérieur et intérieur ;

•   enfin donner une réponse adaptée par la commande
    des ouvertures et développements qui permettent son
    expression.

 

Il faut pour cela la nettoyer des habitudes figées acquises inconsciemment au fil de notre histoire et de ses fixations émotives, ou habi-tudes apprises dans telle ou telle technique (”... la bonne façon de respirer!”  Pour qui? Pour quoi?...).

 

Celui qui ne connaît qu'une façon de respirer
devient bien vite un réel handicapé de la respiration

Il s’agit seulement d’enrichir le système nerveux de toutes ces expériences afin de lui permettre le choix «ici et maintenant» hors ego, hors mental. Tout conditionnement dans sa forme, son lieu ou son rythme, fige la respiration et par là même fige l’activité, l’affect et la pensée.

 

Si vous voulez que la respiration
engendre le mouvement, commencez
par ne pas le figer dans une forme

Il n’y a pas de mauvaises respirations, mais seulement des réponses respiratoires inadaptées à la fonction qu’elles accompagnent ou l’état qui nous surprend. Si la respiration claviculaire (accompagnée d’une élévation des épaules) s’avère dangereuse pour la santé vocale de l’orateur ou du chanteur (à cause de son influence sur la tension laryngée), elle a bien sa raison d’être dans la réponse respiratoire de l’asthmatique ou du noyé face à la nécessité de survivre. Quant à la calme et profonde respiration de l’abdomen, elle semble bien peu capable d’exprimer la passion ou simplement la caresse affective.

En tant que pédagogue, je me reconnais davantage dans le rôle de guide d’une re-exploration que dans celui qui sait et fixe le modèle à imiter, décidant pour l’autre de ce qui convient. Qui serais-je donc pour connaître ce qui est bon pour l’autre, ce dont il a réellement besoin ? Je me sens seulement capable d’observer sans toujours comprendre d’ailleurs ce qui limite la personne, ce qui dans ce support physique où s’actualise le respir, se fige et exprime la contrainte, ce qui est de l’ordre de l’habitude, du conditionnement, de l’idée reçue...

Mon rôle est ensuite de proposer chacun des contextes et environnements (situations, postures, activités qui lui permettent d’explorer d’autres possibilités, des réponses différenciées pour les mettre en mémoire.

Ce qui permet aussi d’enrichir l’image de soi, de ses espaces, de se volumes et de retrouver la mobilité des éléments qui expriment cette dynamique (côtes, sternum, colonne vertébrale, omoplate, paroi abdominale, narines...), de proposer enfin des jeux de prises de conscience et de différenciation qui permettent à la personne de ressentir avec plus de clarté ce dont elle a fondamen-talement besoin, et hors conscience d’adapter sa réponse respiratoire, une réponse à chaque instant réinventée, recréée pour corres-pondre aux besoins. •

     
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La véritable liberté vit dans le cœur
de l'Homme dont la conscience s'est éveillée.

F. Combeau