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Notre respiration prend une forme qui est
liée
à notre état - histoire - mémoire, c'est
le souffle formel ;
en amont, il y a le "respir" informel
La respiration, en tant qu’actualisation en nous
du «respir universel» est bien un échange entre les mondes du
dehors et du dedans. Que rien donc ne vienne entraver cette dynamique.
Lorsqu’elle est libre, elle s’adapte à la réalité
de ces deux mondes ainsi qu’à nos besoins, nos intentions, nos
activités, notre état émotif et relationnel. Elle suit fidèlement
notre vie physique et les nuances de notre vie affective.
L’évolution de la dynamique respiratoire d’un
individu ne peut donc passer par l’apprentissage d’un conditionnement,
l’emprisonnement dans une forme, mais passera plutôt par :
• retrouver la liberté du support physique,
lieu
d’actualisation que sont notre corps et ses
mouvements ;
• revenir à la disponibilité du système
nerveux pour
qu’il puisse recevoir les informations venant
des
milieux extérieur et intérieur ;
• enfin donner une réponse adaptée par
la commande
des ouvertures et développements qui permettent
son
expression.
Il faut pour cela la nettoyer des habitudes figées
acquises inconsciemment au fil de notre histoire et de ses fixations
émotives, ou habi-tudes apprises dans telle ou telle technique
(... la bonne façon de respirer! Pour qui? Pour
quoi?...).
Celui qui ne connaît qu'une façon
de respirer
devient bien vite un réel handicapé de la respiration
Il s’agit seulement d’enrichir le système nerveux
de toutes ces expériences afin de lui permettre le choix «ici
et maintenant» hors ego, hors mental. Tout conditionnement dans
sa forme, son lieu ou son rythme, fige la respiration et par là
même fige l’activité, l’affect et la pensée.
Si vous voulez que la respiration
engendre le mouvement, commencez
par ne pas le figer dans une forme
Il n’y a pas de mauvaises respirations, mais
seulement des réponses respiratoires inadaptées à la fonction
qu’elles accompagnent ou l’état qui nous surprend. Si la respiration
claviculaire (accompagnée d’une élévation des épaules) s’avère
dangereuse pour la santé vocale de l’orateur ou du chanteur (à
cause de son influence sur la tension laryngée), elle a bien sa
raison d’être dans la réponse respiratoire de l’asthmatique ou
du noyé face à la nécessité de survivre. Quant à la calme et profonde
respiration de l’abdomen, elle semble bien peu capable d’exprimer
la passion ou simplement la caresse affective.
En tant que pédagogue, je me reconnais davantage
dans le rôle de guide d’une re-exploration que dans celui qui
sait et fixe le modèle à imiter, décidant pour l’autre de ce qui
convient. Qui serais-je donc pour connaître ce qui est bon pour
l’autre, ce dont il a réellement besoin ? Je me sens seulement
capable d’observer sans toujours comprendre d’ailleurs ce qui
limite la personne, ce qui dans ce support physique où s’actualise
le respir, se fige et exprime la contrainte, ce qui est de l’ordre
de l’habitude, du conditionnement, de l’idée reçue...
Mon rôle est ensuite de proposer chacun des contextes
et environnements (situations, postures, activités qui lui permettent
d’explorer d’autres possibilités, des réponses différenciées pour
les mettre en mémoire.
Ce qui permet aussi d’enrichir l’image de soi,
de ses espaces, de se volumes et de retrouver la mobilité des
éléments qui expriment cette dynamique (côtes, sternum, colonne
vertébrale, omoplate, paroi abdominale, narines...), de proposer
enfin des jeux de prises de conscience et de différenciation qui
permettent à la personne de ressentir avec plus de clarté ce dont
elle a fondamen-talement besoin, et hors conscience d’adapter
sa réponse respiratoire, une réponse à chaque instant réinventée,
recréée pour corres-pondre aux besoins. •
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