|
Comment s'exprime cette
liberté ?
Jusqu'où pouvons-nous intervenir
consciemment
dans son développement ?
La respiration, une fonction volontaire ou involontaire ?
Allez au-delà du ce qui respire,
là est le souffle. (Shri aurobindo)
Le respir est un dynamisme
universel dans lequel l’homme s’inscrit et qui s’actualise en
nous sous la forme d’une respiration dont l’inspiration et l’expiration
sont l’expression. Il s’agit bien d’un échange entre les mondes
du dehors et du dedans, une porte qui nous relie au Tout. Ce dynamisme
ne nous appartient pas, il s’agit d’un cycle qui se déclenche
sans que notre mental n’intervienne, un cycle nourri en dehors
de notre contrôle et sur lequel pourtant nous pouvons agir par
l’intermédiaire de muscles volontaires réduisant ou augmentant
les espaces et conditionnant les formes.
C’est là une dualité parfois difficile
à assumer. Je veux dire par là que tout le travail que nous faisons
sur la respiration, les développements que nous recherchons, tout
contrôle que nous tentons de maîtriser, ne devraient jamais faire
de la respiration notre propriété, la propriété de
notre ego, une création de notre mental. En perdant son rythme
naturel et son dynamisme spontané, la respiration perd sa fonction
de lien, et devient vite une réponse inadaptée à nos besoins ici
et maintenant .
La vie d'un homme n'est que du souffle qui se rassemble.
(Lao Tseu)
La respiration profonde n’est pas
limitée à la cage thoracique ou aux mouvements du diaphragme.
Elle engage le corps dans sa totalité. La respiration saine présente
un caractère d’unicité et d’équilibre. Pour que tout vive et respire
pleinement, il est nécessaire que la cage thoracique se libère
de ses cuirasses, que le visage desserre les voies de passage
(narines, pharynx, glotte ...), que la colonne vertébrale retrouve
sa vie intégrée, sa souplesse et sa flexibilité, afin de pouvoir
suivre le cheminement de cette vague qui du fond de l’abdomen
embrasse tout le corps et vient s’épanouit sur la plage qu’est
notre visage.
Le plus souvent, la fonction respiratoire
se développe de manière non consciente, régulée par les centres
nerveux du bulbe rachidien. A notre insu, elle s’adapte à toutes
les situations physiques (activité, posture ... ) émotives et
d’environne-ment. Cette adaptation modifie :
• son rythme (ralenti pendant
le sommeil et la vie végétative,
accéléré pendant l’activité physique, régulier
ou saccadé,
un instant suspendu pendant la déglutition) ;
• son lieu (respiration dite thoracique, costale
latérale,
claviculaire, costale abdominale,
dorsale, pelvienne,
en fonction du lien et de l’orientation des mouvements
qui la définissent) ;
• son amplitude liée aux besoins expiratoires du moment
et de la fonction dont elle accompagne le développement.
Ceci n’est pas exhaustif..
|