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Peut-on observer un parallélisme entre laccès
à a la verticalité
et le développement des aptitudes instrumentales au langage ?
On a essayé en vain dapprendre à parler à des
chimpanzés. Certes, au terme de multiples expériences, ils réussissaient
à comprendre que cup signifiait lécuelle dans laquelle il y avait
quelque chose à manger, ils pouvaient montrer par des gestes quils
avaient compris. Pourtant même larticulation dun mot aussi simple
leur restait impossible. Ils se montraient ainsi incapables de
dépasser le grognement pour produire les moindres bribes de langage
articulé. Ce ne sont donc pas les capacités du cerveau qui sont
en cause, puisque par leurs gestes, ils montraient leur compréhension,
mais bien linaptitude de lappareil vocal, de linstrument, et
notamment son manque de différenciation.
Chez le singe, linstrument nest pas conçu
de manière à produire des sons modulables, non que la glotte nexiste
pas, mais elle est située trop haut dans la gorge. Lespace au-dessus
du larynx est trop limité pour permettre la mobilité et larticulation
de sons, limitant le langage à une succession de cris inarticulés,
ou grognements. La partie cervicale de la colonne vertébrale est
convexe vers larrière, ou au mieux très plate. Le larynx et los
hyoïde (qui permet de repérer sa place) sont situés très haut.
La position de la tête est antérieure par rapport à laxe central
du corps. Aussi, grâce à ce larynx placé très haut, directement
en relation avec lorifice postérieur des fosses nasales, le singe
et le néandertalien pouvaient simultanément respirer par le nez
et avaler par la bouche, ce que nous ne pouvons plus faire à lheure
actuelle.
La position de los hyoïde par rapport à la
mandibule, à la base du crâne et à la colonne vertébrale détermine
bien la liberté, la mobilité du larynx et de la langue, donc laccès
au langage et au développement des fonctions supérieures du cerveau.
De nombreuses études semblent montrer que lhomme de Néandertal
possédait un cerveau dont le volume dépassait le nôtre, mais qui
était loin pour autant dapprocher les capacités du cerveau de
lhomme moderne. Même sil disposait, semble-t-il, dune multitude
de mimiques, de mouvements gestuels et daptitudes techniques,
il lui manquait le langage articulé. De ce fait, il ne pouvait
que très difficilement établir de nouveaux liens logiques et de
nouvelles combinaisons, communiquer ses réflexions et ses conclusions.
Cest donc bien labaissement de lappareil vocal dans le cou
et le dégagement dun espace supralaryngé important qui a permis
larticulationde sons et lévolution du langage tel que nous le
connaissons chez lhomme moderne, de même que lévolution de son
cerveau. Cette position de la tête et la formation de la courbure
cervicale convexe vers lavant nous est venue avec la verticalisation,
cest-à-dire une organisation optimum du squelette dans le champ
de la gravitation, celle qui offre le moins de résistance et libère
les membres inférieurs et supérieurs, rendant les bras indépendants
et agiles, ouvrant le champ visuel et la perception sensorielle
de lespace dans lequel lhomme va agir et se déplacer.
Ainsi, dans les savanes relativement plates dans
lesquelles vivait lHomme, sa nouvelle rapidité, sa légèreté de
déplacement ainsi que la largeur de son champ visuel et lhorizontalité
du regard (qui elle aussi résulte de la nouvelle position de la
tête et de la bipédie vraiment verticale) lui conférait un net
avantage sur les animaux qui lentouraient (lents à se déplacer,
seulement capables de sentir ce qui était situé dans un rayon
proche deux) pour suivre le vol des rapaces vers le lieu de la
chute des proies et arriver avant les autres, dépecer et emporter
avec lui les quartiers de viande (les rapaces devant attendre
que lépiderme se ramolisse pour pouvoir profiter de leur chasse).
Laccès à la vraie verticalité va aussi créer
une réelle instabilité qui nécessite des réajustements permanents
du point de vue de léquilibre, cest-à-dire le développement
de capteurs sensoriels et kinesthésiques, capables de renseigner
le cerveau à tout moment et en cours daction, tant sur la façon
dont les mouvements et déplacements se font, que sur lenvironnement
dans lequel ils se réalisent. Conjointement va se développer la
maturation dun état déveil et de vigilance optimum, accompagnée
dune véritable plasticité du système nerveux central pour sadapter
à chaque situation en temps réel et créer des réponses motrices
qui tiennent compte autant de lintention que de lenvironnement
dans lequel laction va se dérouler et de lémotion sous-jacente
qui la motive.
Le cerveau de lhomme moderne a donc bien évolué
vers un mode de fonctionnement sensori-moteur privilégiant la
différenciation et la neuroplasticité comme facteur déterminant
de ladaptation.
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